1 - Les Chaudenay - Grancey

Publié le par Bernard

 

Les textes retrouvés jusqu’alors, permettent de s’intéresser à la seigneurie de Chevigny-St-Sauveur et son hameau de Corcelles-en-Mont-Veau à partir du XIV ème siècle, soit au début des années 1300.

Dans la brochure éditée en 1972 sous l’égide de l’ASC, l’éminent historien le Chanoine Jean Marilier précisait ceci : « Après les Pontailler-Lamarche, Chevigny passa au XIV ème siècle à une famille de Frôlois, les Frôlois-Molinot… »

 Voici donc ce que l’on peut en dire aujourd’hui :

 Guillaume, sire de Chaudenay (1) apparaît vers 1309 comme chevalier. Il possédait la terre de Chevigny-Saint-Sauveur et déploie son activité aux services des ducs Hugues V (2) et Eudes IV (3)

 Après la mort de sa femme, Reine d’Ancy-le-Franc, de la maison de Mont-Saint-Jean, il épousa en secondes noces Simone de Grancey, veuve d’Etienne de Frôlois qu’il laissa à nouveau veuve prématurément en 1321.

 Le document des Archives de la Côte d’Or B 11221 dit que Mathilde de Chaussin et de la Marche, femme d’Henri de Bourgogne vend sa terre de Chevigny-St-Sauveur à Robert de Grancey, seigneur de Larrey.

 Dans son traité de la culture des forêts ou de l’application des sciences agricoles, L Noirot-Bonnet traite en 1310 de la vente des villages de Chevigny-Saint-Sauveur et de Corcelles-en Montvau, avec tous les droits, tailles, censives, corvées, les cens, dîmes, tierces, terres, prés, fours, moulins, bois, cours d’eau, pêche, pâturages, meix, maisons, murs et fossés etc., etc., et quatre soitures de près sur Chevigny, pour la somme de 1,600 livres tournois. Les dates laissent à penser que cette vente a été faite à cette famille de Grancey

 On apprend aussi que la fille de Guillaume et Simone, Marguerite, épousa, en 1324, Guillaume de Vienne, Seigneur de Roulans qui fut le père du grand amiral Jean de Vienne dont nous reparlerons.

 Les deux femmes de Guillaume de Chaudenay, Reine et Simone avaient autrefois leur tombe à La Bussière (4).

 Un document d’archives référencé B 10798 (5) précise que par lettre écrite sous le sceau encore entier d’Hugues d’Arçay, doyen de la chapelle du duc de Dijon en l’an 1321 (donc à la mort de Guillaume de Chaudenay) Dame Simone de Grancey, femme de feu Monseigneur Guillaume, seigneur de Chaudenay reconnaît tenir en fief du Duc ce qui suit :

  -       un fief de son douaire (droit de l’épouse survivante sur les biens de son mari) qu’elle tient à Frôlois pour cause de M. Etienne, Seigneur de Frôlois jadis son mari.

-       Un fief qu’elle tient tant pour elle que ses enfants moindres d’âge étant en sa main borné à Chevenney (Chevigny) St Sauveur et à Corcelles en Malvaux (en Mont-Veau).

-       Un fief de tout ce que le dit messire le duc Bailla audit Guillaume à Darey (Darcey).

-       Un fief de tout ce que ledit Guillaume acquit de Pernaul d’Eperney en la ville de Darey et au finage.

Ainsi Simone de Grancey déclarait détenir la seigneurie de Chevigny-Saint-Sauveur.

 En illustration nous retiendrons le blason de cette famille de Chaudenay/Blaisy ainsi présenté : D’or à la fasce de sable (noire) accompagnée de six coquilles de même (noires) trois en chef, trois en pointe.

Chaudenay-Blaisy[1]

L’histoire dit aussi que les Chaudenay (branche cadette), brisèrent ce blason d’un lambel à quatre pendants.

Lambel (brisure formée d’un filet horizontal garni de pendants et posé à la partie supérieure de l’écu.)

 lambel 001

Pour les amateurs voici ce qui était relevé en 1952 dans un célèbre ouvrage Bourguignon :

« Près du village de Chaudenay le château, se trouvent les restes encore imposants d'un château-fort. Il était bâti sur le bord d'une roche escarpée et séparé en partie du reste de la montagne par un large fossé creusé dans le roc. On doit l'emprunter maintenant pour atteindre l'entrée sous l'une des tours. Il reste trois de celles-ci, les plus intéressantes sont situées aux deux extrémités, elles sont de forme carrée avec angles rabattus. Celle qui se trouve près de l'entrée, de dimensions considérables, devait servir de donjon. Elle n'a plus ni planchers, ni toitures. On voit encore les cheminées monumentales suspendues aux murailles; la tour, assez bien conservée montre un rez-de-chaussée et un premier étage voûtés d'ogives. Le château est en cours de restauration. De la terrasse, belle vue sur Chaudenay-la-Ville et sur la vallée de la Vandenesse. »

Chaudenay
Il est dit plus haut que les époux Chaudenay (Simone et Guillaume) eurent 5 enfants dont une fille, Marguerite de Chaudenay qui se maria à Guillaume de Vienne en 1324. Nous retrouverons plus tard les Vienne à Chevigny…

Cependant il est intéressant de découvrir quelques aspects des règles en usage pour les époux de cette époque :

 La fortune féminine : L’importance de la dot variait, bien évidemment, avec la situation financière des parents. Ainsi La fille de Simone de Grancey, dame de Chaudenay qui doit épouser Guillaume de Vienne, damoiseau, doit recevoir 2000 Livres (6) de dot payés ainsi : 700 L sitôt les noces faites en novembre 1324, puis 400 L à la Toussaint 1325, 400 L à la Toussaint 1326 et le restant à la Toussaint 1327… (B.11714)

 Le nom : Rien n’est si compliqué que le nom noble car il rattache celui qui le porte à une famille, a un lignage, un « hôtel » comme les armoiries. L’expression habituelle liait toujours le nom, les armes et le cri. Dans la plupart des cas il s’agissait du lignage paternel, mais dans une certaine mesure le noble choisissait son nom et pouvait parfois porter le nom de sa mère. On retrouve cette particularité dans les familles Chaudenay/Blaisy…

 Parmi bien d’autres, ces deux exemples montrent succinctement la complexité des règles en usages à cette époque pour les unions.

 Signalons enfin que ce Guillaume de Vienne, entre autres, propriétaire par alliance de Chevigny-St-Sauveur et Corcelles en Mont-Veau s’installera avec son épouse au château de Chaudenay et il ordonna qu’on mit simplement sur sa tombe, ces mots : ci-gît le père de Jean de Vienne.

Chaudenay-la-Ville et Chaudenay-le-Château du canton de Bligny-sur-Ouche

 Hugues V - 1305-1315,  gouverna ses états sous la tutelle d’Agnès sa mère jusqu’en 1313, mais il mourut en 1315. Ses sujets le regrettèrent à cause de sa douceur et sa bienfaisance. Pour la petite histoire, c’est sous son règne que s’établit une mode bizarre de chaussure qu’on nommait soulier à la Poulaine, du nom de son inventeur. Elle finissait en pointe plus ou moins longue selon la qualité des personnes. Elle était de 2 pieds (presque 65 cm) pour les princes et les grands seigneurs, d’un pied pour les riches et d’un demi pied pour les gens du commun.

 Eudes IV - 1315-1349, frère d’Eudes IV lui aussi fut sous la régence de sa mère et recueillit la succession du duché de Bourgogne en 1329. Philippe de Valois qui régnait sur la France permit à ce prince de nommer lui-même les gouverneurs et les capitaines des places fortes du royaume. C’est donc lui qui établit à Calais Jean de Vienne qui a immortalisé son nom en devenant le 1er amiral de France. Le prince Eudes IV mourut à Sens en 1349 après 34 ans de règne agité. La terre de Bourgogne échu à son petit fils Philippe de Rouvres alors âgé de 5 ans.

 Livre : St Bernard et le château de Fontaine-lès-Dijon (Abbé Chomton)

 Volume de Peincedé n° VII p 15. (archives départementales de la Côte d’Or)

La livre est une unité monétaire basée sur l’argent, dont la valeur et les subdivisons ont varié suivant les pays et les époques.

 

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